Collectif 20 ans barakat Ile de France |
Communiqué du collectif : 8 mars 2005 Une nouvelle fois les droits des femmes sont bafoués Année après année, le gouvernement algérien a fait des promesses : il allait modifier la situation juridique des femmes, dénuées de droits dans la famille depuis le code de 1984. Il a enfin fait connaître son projet d’amendements en 2004. Il est immédiatement apparu que ce projet ne répondait pas à l’attente des femmes algériennes. Dans une déclaration du 1er novembre 2004, le Collectif " 20 ans barakat " d’Ile de France analysait le projet et en soulignait les insuffisances.. " Pour représenter une avancée réellement significative, il faudrait au minimum : interdire la polygamie, supprimer le tuteur matrimonial, instituer l’autorité parentale conjointe, instituer l’égalité en matière de divorce… ", affirmions nous. Le texte gouvernemental va être présenté à l’Assemblée Populaire Nationale, sans discussion, puisque le Président Bouteflika entend procéder par ordonnance. Le nouveau projet répond encore moins à la revendication d’égalité formulée par les associations et les femmes. Alors que le gouvernement dans le premier texte " allégeait " le tutorat matrimonial – le laissant en quelque sorte en option -- il reprend aujourd’hui les dispositions de 1984 : un tuteur pour toutes les femmes , qu’elles soient mineures ou majeures Manifestement les débats, on devrait plutôt dire les marchandages, se sont déroulés ailleurs. Les femmes sont donc maintenues sous tutelle En refusant de reconnaître la majorité des femmes dans la famille, c’est la citoyenneté des Algériennes que le gouvernement dénie.. Les plus hautes autorités de l’Etat prennent la responsabilité de pérenniser un texte rétrograde, au mépris de la moitié de la population qui s’appelle les femmes… Et encore une fois ils vont à l’encontre de toutes les conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Les femmes algériennes n’ont pas attendu les tuteurs pour participer aux luttes de libération nationale et à la construction de l’Algérie, pour faire face à toutes les difficultés liées à la situation du pays, pour défendre leur vie face à ceux qui ne supportaient pas de les voir libres, pour participer à tous les secteurs d’activité. C’est sans tuteur qu’elles continueront à se mobiliser contre le code de l’infamie. ABROGATION DU CODE DE LA FAMILLE NOUS VOULONS DES LOIS EGALITAIRES Collectif " 20 ans barakat " de l’Ile de France Le 8 mars 2005
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